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Est ce rentable d’installer des panneaux solaires pour charger sa voiture electrique ? analyse des coûts et économies possibles

Est ce rentable d'installer des panneaux solaires pour charger sa voiture electrique ? analyse des coûts et économies possibles

Est ce rentable d'installer des panneaux solaires pour charger sa voiture electrique ? analyse des coûts et économies possibles

Photovoltaïque + voiture électrique : une bonne équation sur le papier… et sur le portefeuille ?

Installer des panneaux solaires pour recharger sa voiture électrique, c’est un peu le fantasme ultime de l’autonomie énergétique : rouler « au soleil », réduire sa facture d’électricité et s’affranchir (partiellement) des fluctuations de prix. Mais, au-delà du storytelling, la question est simple : est-ce vraiment rentable, et pour qui ?

Dans cet article, on va sortir la calculette, regarder les coûts réels, les économies possibles et les conditions dans lesquelles le couple photovoltaïque + véhicule électrique (VE) a du sens économique.

Le point de départ : combien coûte 100 km d’électricité ?

Avant de parler panneaux, commençons par le besoin : la recharge.

Un véhicule électrique « moyen » du marché (berline compacte, type 15–18 kWh/100 km en cycle mixte) consomme en conditions réelles autour de :

Avec un tarif réglementé résidentiel en France métropolitaine en 2024 autour de 0,25 €/kWh TTC (heures pleines), on obtient :

Un automobiliste qui parcourt 15 000 km/an en VE dépense donc environ :

C’est ce poste de dépense que le photovoltaïque va chercher à réduire, en plus du reste des consommations de la maison.

Combien de panneaux faut-il pour alimenter une voiture électrique ?

Traduire des kilomètres en kWh et des kWh en m² de panneaux, c’est là que les choses deviennent concrètes.

Hypothèse de base : Région ensoleillée moyenne (France métropolitaine hors montagne et extrême nord), orientation sud, inclinaison 30–35°, rendement standard.

Un système photovoltaïque résidentiel de 1 kWc produit en moyenne :

Si votre voiture consomme 20 kWh/100 km (recharge incluse) et que vous faites 15 000 km/an, votre besoin annuel est d’environ :

Pour couvrir uniquement les kilomètres de la voiture :

Évidemment, on ne va pas installer une centrale solaire dédiée uniquement au VE : l’enjeu, c’est l’autoconsommation globale de la maison (chauffage, eau chaude, électroménager) + le VE. Mais ce calcul donne un ordre de grandeur : avec une petite installation de 3 à 4 kWc, on peut déjà couvrir une part significative des km parcourus, à condition de recharger intelligemment.

Encadré : coût du kWh solaire en résidentiel (LCOE simplifié)

Parlons argent. En résidentiel, le coût complet d’une installation photovoltaïque en France (2024) se situe typiquement entre :

Pour une installation de 3 kWc à 2 000 €/kWc :

En reprenant des hypothèses plus prudentes (entretien, remplacement éventuel d’onduleur vers 12–15 ans), on peut arrondir à :

À comparer à un tarif réseau résidentiel aujourd’hui autour de 0,20–0,30 €/kWh selon les options et évolutions tarifaires. L’ordre de grandeur reste : le kWh solaire autoconsommé est, sur la durée de vie de l’installation, environ deux fois moins cher que le kWh acheté au réseau, dans un contexte de hausse tendancielle des prix.

Combien « vaut » un kilomètre solaire pour une voiture électrique ?

Reprenons notre VE à 20 kWh/100 km (recharge incluse).

Économie potentielle : 2,8 €/100 km, soit :

C’est la théorie… mais seulement si les kWh solaires sont bien utilisés par la voiture au moment où ils sont produits. Ce qui nous amène au point clé : l’adéquation entre production solaire et horaires de recharge.

Le talon d’Achille : quand la voiture n’est pas à la maison en journée

Un système PV produit surtout :

Un automobiliste « classique » :

Résultat :

C’est là qu’interviennent les trois leviers concrets pour rendre l’équation plus intéressante :

Cas pratique : maison individuelle, 3 kWc, 15 000 km/an

Prenons un scénario typique :

On regarde deux cas d’usage :

1) Usage « passif » : voiture rechargée surtout le soir

Les économies se font à deux niveaux :

Avec un prix du kWh réseau à 0,25 € :

Temps de retour simple : 6 000 € / 450 €/an ≈ 13 ans (hors aides et fiscalité).

2) Usage « optimisé » : recharge en journée dès que possible

Supposons :

Économie totale : 600 €/an, soit un temps de retour simple autour de :

La présence du VE, utilisée intelligemment, améliore donc clairement la rentabilité globale du système photovoltaïque en augmentant le taux d’autoconsommation, surtout dans les scénarios où la maison seule n’aurait pas consommé suffisamment de kWh en journée.

Faut-il ajouter une batterie pour stocker le solaire et recharger la voiture le soir ?

C’est souvent la tentation : « Je produis le jour, je stocke, et je recharge la voiture le soir ». Techniquement, ça marche. Économiquement, c’est une autre histoire.

Ordres de grandeur actuels (2024) pour un système de stockage résidentiel :

Si votre batterie de 10 kWh vous permet de récupérer, par exemple, 2 000 kWh/an qui auraient été injectés au réseau, l’économie supplémentaire par rapport à un tarif d’injection bas (ou à un tarif achat/vente) reste souvent insuffisante pour rentabiliser le surcoût de la batterie dans un délai raisonnable.

Dans le cas du VE, la contrainte est plus forte :

Dans la majorité des cas résidentiels en France aujourd’hui, la batterie n’est pas indispensable pour améliorer la rentabilité d’un système PV + VE. Elle peut se justifier dans des cas spécifiques :

Mais pour un foyer moyen, le meilleur « stockage » reste souvent le réseau… et, dans une certaine mesure, la batterie du véhicule si on peut la recharger en journée.

Impact des aides, de la fiscalité et de l’évolution des prix de l’électricité

En France, plusieurs dispositifs améliorent la rentabilité du photovoltaïque en autoconsommation :

Dans un projet PV pensé aussi pour la recharge VE :

Autre paramètre clé : l’évolution probable du prix de l’électricité réseau sur 20–25 ans. Historiquement, la tendance est à la hausse, avec un débat chaque année sur la répercussion des coûts de réseau, de production et de transition énergétique. Plus les tarifs augmentent, plus les économies futures générées par le PV et le VE sont élevées.

À l’inverse, le solaire résidentiel voit ses coûts d’installation plutôt baisser (hors effets conjoncturels sur les matières premières) et ses performances augmenter. Un système installé aujourd’hui tourne donc dans un environnement où le différentiel entre kWh solaire et kWh réseau a de bonnes chances de se creuser… en faveur du solaire.

Pour qui le duo panneaux solaires + voiture électrique est-il le plus rentable ?

On peut distinguer plusieurs profils.

Profil 1 : Télétravail / indépendant avec voiture souvent au domicile

Pour ce profil, un système PV de 3 à 6 kWc couplé à une borne pilotée est très souvent pertinent économiquement, avec des temps de retour qui peuvent se situer entre 8 et 12 ans selon la région et les aides.

Profil 2 : Salarié avec horaires classiques, voiture absente la journée

Le projet reste viable, mais la part des km réellement alimentés par le solaire peut tomber autour de 20–30 % seulement, sauf à modifier ses habitudes (recharge le week-end, charge lente programmée en fin d’après-midi en été, etc.).

Profil 3 : Deux VE au foyer, forte consommation annuelle

Dans ce cas, le photovoltaïque devient presque un « carburant solaire maison ». À condition de bien gérer les heures de recharge, les installations peuvent afficher des taux d’autoconsommation élevés et donc une rentabilité renforcée.

Éléments à surveiller avant de se lancer

Pour que l’équation économique soit réellement favorable, quelques points méritent une attention particulière :

Alors, est-ce rentable ? Une réponse nuancée… mais plutôt favorable

Si l’on regroupe les éléments :

La rentabilité dépend principalement de :

Dans de nombreux cas, surtout avec un usage de recharge flexible, les panneaux solaires combinés à une voiture électrique permettent d’accélérer l’amortissement de l’installation photovoltaïque et de réduire significativement le coût réel au kilomètre.

Autrement dit : non, les panneaux solaires n’alimenteront pas tous vos trajets en plein mois de décembre à 18 h. Mais oui, bien pensés et bien utilisés, ils peuvent transformer une partie importante de vos kilomètres en « km solaires » à un coût difficilement battable par n’importe quelle autre énergie.

Cédric

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